Depuis les années 1980, les agences matrimoniales ont connu une transformation profonde. Autrefois très populaires, avec plus de 1 300 agences en France à la fin des années 1980, elles jouaient un rôle central dans la mise en relation de célibataires en quête d’un mariage stable. Toutefois, leur image s’est ternie au fil des années en raison d’abus signalés, ce qui a entraîné un encadrement strict de la profession par la loi dès 1989 (source : L’Express, 2023).
Avec l’arrivée d’Internet et des sites de rencontres dès les années 2000, beaucoup ont prédit la fin des agences matrimoniales, jugées désuètes. Pourtant, si leur nombre a diminué (environ 400 aujourd’hui), elles n’ont pas disparu, bien au contraire. Certaines ont su se réinventer et séduisent désormais un public plus large, y compris des jeunes trentenaires en quête de relations sérieuses (source : Le Monde, 2022 ; Le Progrès, 2021).
Ce retour s’explique par plusieurs facteurs :
- Une fatigue du dating numérique, où les utilisateurs se plaignent de superficialité, de mensonges ou de relations sans lendemain (source : sociologue Pascal Lardellier).
- Une recherche de sécurité et de confiance : les agences vérifient les profils, les identités et le statut matrimonial de leurs clients (source : Le Pèlerin, 2021).
- Un accompagnement personnalisé : les entremetteurs proposent des profils choisis et offrent un suivi humain (coaching, relooking, écoute psychologique).
Contrairement à la consommation rapide de profils sur les applications, les agences prônent une approche plus humaine, parfois sans photo, pour favoriser la rencontre réelle. Le modèle a évolué : les agences modernes intègrent des outils numériques tout en gardant une approche individualisée (source : Sciences Humaines, 2022).
Aujourd’hui, les agences attirent :
- Des professionnels très occupés qui cherchent à gagner du temps en déléguant la recherche.
- Des seniors ou divorcés en quête de stabilité affective.
- Des jeunes adultes désillusionnés par les applis et en quête d’authenticité.
Les chiffres avancés par la profession parlent d’eux-mêmes : là où seulement 2 à 5 % des inscrits sur les sites forment un couple durable, ce chiffre grimpe à 35 % dans certaines agences (source : Syndicat national des agences matrimoniales).
En conclusion, non, les agences matrimoniales ne sont pas dépassées. Elles se sont adaptées et restent une alternative précieuse pour ceux qui cherchent une rencontre sérieuse et durable, avec l’aide d’un tiers de confiance.
Sources principales :
- L’Express, « Les agences matrimoniales n’ont pas dit leur dernier mot », 2023
- Le Monde, « À l’ère Tinder, les agences matrimoniales résistent », 2022
- Le Pèlerin, « L’amour au temps des agences matrimoniales », 2021
- Le Progrès, « Les agences matrimoniales séduisent de nouveau », 2021
- Sciences Humaines, « La rencontre, un marché comme un autre ? », 2022
- Sociologue Pascal Lardellier, cité dans Sciences Humaines
- Syndicat national des agences matrimoniales

